Oms en série - Stefan Wul

Un roman sympathique, mais anecdotique. 3/5

L'histoire qui nous est raconté est celle de Terr, le nouvel om de compagnie de Tiwa, petite fille d'une race extra terrestre, les draags. Les oms, on le comprend très vite, sont en fait des être humains, des hommes.

La première partie du roman montre donc un monde où les hommes sont des animaux domestiques pour une race extra terrestre. Les draags ne sont pas décrits précisément, ils pourraient être reptiliens ou amphibiens, mais leur caractéristique essentielle pour le récit est leur grande taille par rapport à nous, qui leur permet de considérer les humains comme nous considérons des chats ou des petits chiens. Petits animaux ces "oms" le sont d'autant plus qu'ils n'ont pas été éduqués, ne sachant même pas parler. Ce début était prometteur en montrant une dystopie plutôt originale où les humains sont des prisonniers qui s'ignorent au main de geoliers qui s'ignorent. Ter en effet a été arraché de sa mère rapidement et ne connaît donc que la famille de Tiwa, la petite fille qui lui donne des sucres, et dont il s'endort sur les genoux.

Mais cette situation ne dure pas longtemps car Ter va, par hasard, avoir accès aux leçons enregistrées de Tiwa et donc apprendre à parler et à lire. Il le cachera aux draags et s'enfuira. Commence alors une période ou le jeune garçon va vivre au sein d'une bande d'une bande d'oms sauvages (qui savent eux aussi parler, mais pas encore lire), en volant de quoi se nourrir. Le roman m'a semblé moins intéressant à partir de ce moment là, car on ne voit quasiment plus d'interactions directes entre les oms et les draags. A la fin de la première partie du livre (sur trois), le groupe est chassé du parc où il se cachait.

Le roman va ensuite partir dans une direction nouvelle où les groupes d'oms, dirigés par Ter, vont s'organiser et apprendre à utiliser la technologie draag jusqu'à former une ville souterraine (d'un million d'habitants tout de même), puis à aller coloniser un continent désert pour échapper au draags. Le livre se perd alors dans des considérations pas franchement intéressantes sur la lenteur administrative des draags comparée à l'audace du nouveau peuple om. On apprend aussi que les draags ont trouvé les oms sur Terre, mais en décadence totale, au point qu'ils avaient oublié le langage. Le livre essaie de montrer ainsi qu'un trop grand confort entraîne un déclin inéluctable, à travers l'expérience passée des hommes, et celle actuelle des draags. Cette idée est malheureusement un peu maladroite dans ce roman, où le lecteur a plutôt le sentiment que ce sont les différences raciales (les draags sont lents comparés aux humains) qui expliquent la victoire finale des humains plutôt que la structure de la société draag, dont on ne voit pas les effets sur les draags qui réfléchissent somme toute comme des humains des années 1950 (comme déclin, il y a pire). Les humains ont également droit à un vrai coup de pouce de l'auteur, tant il semble peu réaliste qu'une société complexe émerge en une seule génération, avec des savants, une industrie, une armée capable de manœuvres complexes...

Un livre donc plus intéressant pour son côté historique, comme représentant typique de la science fiction du milieu du XXè siècle que pour son contenu, parfois amusant mais boiteux. Un bon point toutefois, c'est relativement court.

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